Devenir maman… partie 1

J’ai toujours voulu être maman. C’est quelque chose qui est encré en moi depuis des années (je dirais même des années lumières). Je me suis mariée en octobre 2014 et je voulais être enceinte, aussitôt le grand jour passé. Entre parenthèse, c’est ce que les gens autour de vous attendent aussi car à peine la robe blanche rangée bien au chaud dans sa housse (snif snif), tout le monde vous bassine les oreilles : alors c’est pour quand ? Tu n’aurais pas un peu grossi ? Oh mais tu es enceinte ?…
Et bien non, pas tout de suite. Pas aussi facilement qu’on le voudrait.
En toute franchise, la machine ne se remettait pas en route et cela m’a causé beaucoup de stress. J’avais peur de ne jamais pouvoir avoir de bébé alors que c’était mon désir le plus chair cher. Je ne voyais que des bébés autour de moi, tout le monde tombait enceinte (les stars, les voisines, les amies, les hommes…). J’ai dû ravaler mes larmes un nombre incommensurable de fois. Un conseil donc à toute personne bienveillante : arrêtez de demander aux nouvelles mariées si elles sont enceintes ou si elles veulent des enfants, elles n’y arrivent peut-être tout simplement pas !

Le miracle s’est toutefois produit pour la première fois dans le courant du mois de février puisque j’apprenais que j’étais enceinte le 15 mars. J’étais tellement heureuse et en même temps j’avais une frousse bleue de ce qui m’arrivait. Etais-je finalement vraiment prête ? Est-ce que finalement est-on prête un jour ? Je pense qu’il n’y a pas de moment idéal pour tomber enceinte. Comme je dis toujours, rien n’arrive par hasard, et si cela arrive à tel moment, c’était que cela devait arriver. J’ai aimé ce petit bébé à la minute même où j’ai su qu’il existait. J’étais sur un petit nuage. Je l’ai annoncé à mon mari qui est parti en courant en laissant un énorme trou en forme de T. dans la porte était très content et nous avons commencé à faire plein de projets pour cette nouvelle vie à 3. Malheureusement, la vie en a décidé autrement. Après avoir vu son petit cœur battre lors des premières échos, nous avons vu son cœur arrêté lors de la suivante.

Mon monde s’est littéralement écroulé. J’ai fait une fausse couche à deux mois de grossesse. Si je vous écris tout cela maintenant, ce n’est pas pour vous faire pleurer ou vous apitoyer sur mon sort, je m’en suis remise comme on se remet de ce genre de coup dur… mais c’est parce que tout cela a fait de moi la maman que je suis aujourd’hui et aussi parce qu’au moment où cela est arrivé, je n’ai trouvé de l’aide et du réconfort que sur certains forums. A nouveau, les gens ne comprennent pas ce que vous ressentez dans ces cas là. J’ai entendu des tas de « tu en feras un autre », « cela ne veut pas dire que tu n’auras pas d’autre bébé », « ça arrive à beaucoup de femmes à l’heure actuelle », « c’est la nature qui a décidé », « c’est qu’il avait un problème »,… j’en passe et des meilleures. Si vous saviez le nombre de personnes autour de moi que j’ai voulu boxer !

J’ai appris que mon bébé était mort un vendredi et j’ai dû vivre tout le week-end en sachant qu’il était là, dans mon ventre, mais qu’il ne grandissait plus. Ce fût le pire week-end de toute ma vie. J’ai subi un curetage le lundi et puis, la vie a repris son cours… sans moi. Il a fallu des semaines et des semaines pour que je reprenne goût à la vie. Je ne voulais plus rien, je passais mes journées à pleurer, plus rien ne m’intéressait. Alors de nouveau, j’ai écrit… honnêtement, si une telle épreuve vous arrive, écrivez. J’ai écrit à mon bébé, tout ce que je pensais de lui, ce que je voulais pour lui et combien je trouvais injuste ce qui nous était arrivé. J’ai beaucoup pleuré, je ne me suis pas retenue. J’ai parlé avec mon mari et ma maman. Cela ne changeait rien au résultat, mais je savais qu’ils me comprenaient. J’ai écouté beaucoup de musique et j’ai trouvé deux chansons qui sont les siennes. Aujourd’hui encore, si je les entends, je pense à lui.

Tout cela pour vous dire que j’étais déjà maman dans ma tête, bien avant même d’avoir ce bébé, et que je me suis retrouvée maman, sans bébé.

A toutes les femmes qui ont subi ou auront à subir cette épreuve, sachez que vous n’êtes pas seules et qu’il ne faut pas écouter les commentaires désobligeants de votre entourage. Ce bébé n’est peut-être pas né, mais il a existé et existera toujours à vos yeux.

Allez, vous pouvez ranger vos mouchoirs… le prochain article sera plus joyeux !

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