Devenir maman… partie 2

Et oui, la vie a continué, même si je pensais que c’était impossible.

Quelques mois plus tard, après m’avoir infligé la pire des douleurs, la vie m’a offert le plus beau des cadeaux : une merveilleuse petite fille que j’aime plus que tout au monde.

La vie est un paradoxe (ce qui est à la fois merveilleux et totalement effrayant) : un jour vous pouvez vous sentir en dessous de tout et le jour suivant, vous êtes sur un petit nuage.

L’épisode de la fausse couche et tout ce qui a précédé l’arrivée de cacahuète a été très éprouvant mais a eu le mérite de me faire comprendre une chose, rien n’est acquis, il faut profiter au maximum de chaque instant.

En juillet, j’ai décidé de faire un pied de nez à la vie et de profiter au maximum des soirées post-boulot pour faire des choses que je ne fais jamais : apéro, resto, ciné, bowling,… J’avoue que j’ai été aidée par la venue de mon cousin, exilé au Canada depuis de nombreuses années et par un nombre assez élevé de Gin Tonic. Je me faisais une joie de le revoir enfin, après 7 années et j’en ai profité à 200%.

Je suis également partie en vacances avec mon cher et tendre mari (que j’appellerai désormais Mister T pour conserver son anonymat). Nous ne partons presque jamais en vacances car nous préférons garder nos fonds et notre temps pour les travaux dans la maison. Mais je dois dire que cette année-là, ces vacances tombaient à point nommé. J’ai profité de chaque moment avec lui, de chaque paysage, de chaque rayon de soleil, de chaque baignade nocturne. Durant l’une d’elles, j’ai vu une étoile filante dans le ciel de la Provence et j’ai fait un vœu, des larmes plein les yeux.

Je ne pensais pas que j’aurais la chance qu’il se réalise aussi vite !

Début août, lorsque la vie a repris son cours normal, je me suis aperçue que dame nature ne m’avait pas offert mon cadeau mensuel (non je ne suis pas sponsorisée par Tampax). Me voilà, perplexe, devant un test de grossesse positif. J’étais tellement heureuse et en même temps je refusais de me laisser emporter par l’allégresse. A quoi bon finalement, si tout ça se terminait comme la première fois ? J’ai filé directement faire une prise de sang pour confirmer la nouvelle et je l’ai annoncée, le soir même à Mister T. Cette fois-ci, nous avons gardé ce précieux secret durant 3 mois.

Je suis une personne de nature angoissée. Je me pose toujours 1.001 questions, j’imagine toujours le pire. Comme vous pouvez vous en douter, l’épisode de la fausse couche n’a donc rien arrangé. Je parlais à mon bébé tous les jours, je lui disais de rester bien accroché dans mon ventre, que je l’aimais déjà de toutes mes forces. Même si être enceinte a été pour moi une merveilleuse expérience, je pense que je n’ai pas pu autant en profiter qu’une maman qui n’a pas vécu ce type d’épreuve. Les rendez-vous chez le gynécologue sont restés jusqu’au bout une angoisse permanente. Je ne regardais jamais l’écran jusqu’à ce que j’entende le médecin me dire « aaaah, tout va bien, votre bébé a bien grandi ».

J’ai commencé à faire des projets et à me réjouir réellement de ce merveilleux cadeau à 5 mois de grossesse. C’est seulement à ce moment-là que nous avons commencé à l’annoncer à notre entourage, car notre petite cacahuète pointait tout doucement le bout de ses fesses son nez sous mon nombril !

Tout s’organisait petit à petit pour sa venue.

Nous lui avons aménagé une magnifique chambre (dans laquelle elle ne dort toujours pas, j’y reviendrai prochainement), nous avons déposé sa liste de naissance auprès d’un magasin spécialisé en équipement pour bébé et en tant que maniaque compulsive de l’organisation et des listes, j’avais déjà préparé son faire-part de naissance à 6 mois de grossesse.

Mister T qui adore la mer(e) voulait absolument qu’on se refasse un dernier petit week-end en amoureux avant la venue de la poulette. J’avais accepté avec comme condition sine qua non que la chambre soit terminée, ce qui fût chose faite. Nous avons donc pris le chemin de la côte, le dernier week-end du mois de février. Tout allait bien pour moi et pour le bébé, donc il n’y avait aucune raison pour que ce week-end soit annulé. Nous avons fait des ballades sur la digue, nous avons été manger une gaufre en bord de mer et surtout nous avons beaucoup ri.

Ce week-end nous a fait le plus grand bien.

Alors que je me reposais dans le fauteuil en regardant « 50 minutes Inside » (détail très important car c’est peut-être ce qui a posé problème à ma fille), j’ai senti quelque chose de bizarre… j’avais l’impression que je faisais littéralement pipi sur moi. J’ai couru jusqu’aux WC et c’est alors que j’ai compris que je venais de perdre les eaux, à seulement 32 semaines de grossesse, ce qui était légèrement trop tôt. Sur ce coup-là, je dois dire que Mister T a géré comme un pro. Il a remballé toutes nos affaires pendant que nous réfléchissions calmement (si si je vous assure) à la meilleure solution à prendre. Est-ce qu’on a le temps de retourner jusque Namur ? Est-ce qu’on se rend à l’hôpital le plus proche ?
Je ne sentais plus la petite bouger et surtout j’avais peur que le travail se lance alors qu’elle était en siège. En siège et prématurée, il était tout à fait exclu d’accoucher naturellement. Nous nous sommes donc dirigés vers l’hôpital le plus proche où j’ai été prise en charge par une super équipe.

J’étais sûre que j’allais avoir mon bébé ce jour-là. Ce ne fût pas le cas. En effet, chose que je ne savais pas, il est possible de garder un bébé à l’intérieur du ventre de la maman sans liquide amniotique. La maman étant la meilleure couveuse, les médecins ont tout fait pour gagner un maximum de temps. Grâce à Dieu (je sais, je suis très catholique en cas de stress), j’ai pu recevoir à temps les injections permettant de maturer les poumons du bébé et j’ai été transférée le lendemain matin vers mon hôpital (oui, ce fût bien mon hôpital, ma seconde maison pendant un sacré bon nombre de jours).

La semaine qui a suivi la perte des eaux a été longue et très courte à la fois. Je priais pour que notre poulette reste bien au chaud dans mon ventre encore quelques jours, et en même temps, j’avais des contractions toute la journée. La souffrance ne me fait pas peur. Par contre, je stressais que le travail se mette en route sans que personne ne s’en rende vraiment compte puisqu’elle ne devait pas s’engager dans mon bassin en siège…

Et c’est ce qui est arrivé.

J’ai souffert en silence puisque quand je signalais que j’avais pas mal de contractions, on me disait « qu’il était normal d’en avoir puisque j’avais perdu les eaux ». Finalement, j’ai quand même rappelé une sage femme le jeudi soir vers 23h… et j’étais à plus de 8 cm d’ouverture alors que je devais accoucher par césarienne… Bran le bas de combat la nuit dans l’hôpital pour rassembler mon gynécologue, un pédiatre, l’anesthésiste, des infirmières pour le bloc et avertir le centre de néonat afin qu’ils préparent l’arrivée de ma fille dans leur service.

Malgré tout ça, à partir du moment où j’ai entendu que c’était LE moment, j’étais soulagée et super excitée.

J’allais enfin rencontrer ma petite fille.

Et je dois vous dire une banalité, ce fut le plus beau jour de ma vie. Il y a quelque chose de magique, d’irréel et de surréaliste à rencontrer pour la première fois ce petit être que vous avez tant imaginé, tant voulu. Comme je l’ai déjà dit, j’ai toujours voulu être maman et ce sentiment a été amplifié suite à ma première déception. J’ai donc été submergée par l’émotion, la joie et l’extase quand j’ai vu cette petite frimousse toute mignonne me regarder droit dans les yeux. J’en suis tombée follement amoureuse pour l’éternité.

Notre petite fille est née en parfaite santé, toute petite et toute menue ! Elle a passé 26 jours au centre de néonat (je peux vous dire que je les ai compté plutôt deux fois qu’une)… et moi j’ai passé plus d’un mois à l’hôpital car je n’aurais jamais pu quitter cet endroit sans elle.

Je me rends compte que cet article est un peu long, que je vous explique en détails pas mal de choses, mais tout ça a de l’importance pour la suite de ce blog, car tous ces petits moments, ces concours de circonstance ont fait de moi la maman que je suis aujourd’hui : une maman poule, exclusive, fusionnelle, profondément amoureuse de sa progéniture, en admiration constante devant le moindre de ses faits et gestes.

Je crois que toute maman ressent cela, mais je pense que ce caractère d’exclusivité, de besoin de l’avoir pour moi seule découle de tous ces événements.

Vous connaissez désormais l’histoire magique du jour où je suis devenue maman, un jour que je n’oublierai jamais!

P.S : Finalement, l’anonymat de Mister T. sera très réduit… Il veut dixit « être célèbre lui aussi ». J’ai donc son consentement absolu pour l’utilisation de son image sur mon blog. Me voilà bien chanceuse!


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