Si l’on devait mourir demain

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Souvenir de mon voyage de noces en Normandie – Étretat – octobre 2014

Je suis en « Burn Out » depuis plusieurs années déjà. Avec le recul, je me rends compte que je ne voulais pas me l’avouer car c’est accepter que je suis humaine, imparfaite et que je ne maîtrise pas la situation (ce qui, en soi, n’a rien d’exceptionnel et de novateur puisque c’est notre condition à tous, mais qui pour moi est synonyme d’échec).

Pour autant que je m’en souvienne, la vie n’a pas été toute rose pour moi. J’ai débuté ma vie, à l’état même d’embryon, avec de lourdes valises émotionnelles à mes côtés. Mais cependant, je ne me suis jamais laissée abattre. Même dans la douleur, dans la peur, dans la colère et dans la déception, j’ai toujours eu, au fond de moi, une rage de vivre, une volonté inexorable d’être là, d’être moi, envers et contre tout(tous).

Ma grand-mère paternelle me raconte souvent ce moment où, haute comme trois pommes (je devais avoir plus ou moins deux ans selon elle), je suis venue près d’elle dans la cuisine, alors qu’elle pleurait en lui disant « Ce n’est pas facile la vie hein, Bobonne ». Me dire que ma fille pourrait à son âge me sortir de tels mots me glace le sang. Un enfant devrait connaitre l’insouciance et la joie de vivre et non prendre sur ses épaules la douleur des adultes. C’est d’ailleurs le déclencheur de ma prise de conscience de ce « Burn Out ». Outre l’aspect physique de mon corps qui lâche, entendre ma fille dans la voiture me dire « Maman pourquoi tu pleures ? ça va aller je suis là » m’a fait prendre conscience que mon mal être ne pouvait en aucun cas être répercuté sur ses petites épaules de « joliepetitemignonne insouciante » qu’elle est. Ma fille est mon rayon de soleil et je veux être le sien, son modèle, une femme bien dans sa peau qui l’inspire et qui pourra la tirer vers le haut, afin qu’elle devienne une personne heureuse et épanouie.

Mon corps qui me lâche… Les pertes de mémoire, la fatigue constante, les douleurs, les vertiges, les pertes d’équilibre, les maux de tête,… il faut clairement le dire, j’ai peur. J’ai l’impression de vivre à côté de moi, tel un zombie. J’ai l’impression de perdre la tête et avec elle, une partie de mon intelligence. Mon médecin me dit que ce sont des symptômes du « Burn Out », mais d’autres manifestations font penser à une maladie neurologique, une autre maladie auto-immune. Après tout, je ne serais pas étonnée de m’autoanéantir d’une deuxième manière puisque je viens de comprendre depuis peu, grâce à ma thérapeute, que je ne m’autorise pas être là, parce que si moi je suis là, c’est parce qu’elle (ma sœur) ne l’est plus.

J’ai un examen à faire à la fin du mois qui permettra d’être fixée et qui je l’espère, ne confirmera pas mon intuition.

« Si l’on devait mourir demain »…

Ce « Burn Out » est le déclencheur de ma prise de conscience que la vie est courte. Est-ce que nous serons encore là demain ? Est-ce que c’est vraiment de cette manière que je voudrais vivre ma dernière journée ? Est-ce la dernière fois que je fête cet anniversaire ? Quoiqu’il arrive, je veux vivre de belles choses, une belle vie. Pas des choses tristes et sans intérêt. Je me surprends à vivre dans l’instant présent, je ne regarde plus l’heure (j’ai d’ailleurs déposé ma montre dans le tiroir de la salle de bain depuis mon arrêt) et je profite un maximum des petites choses du quotidien et par dessus tout, de ma fille. On lit des histoires dans le lit sans regarder l’heure, on part dans les bois seules à 17h30 ramasser des trésors à ramener à la maison, on fait de la plasticine sur la table du salon, on regarde Peppa Pig dans le fauteuil à l’heure de la sieste, on mange des biscuits au chocolat, on fait la course dans la maison, on se chatouille à en pleurer… je profite de chaque instant à ses côtés et j’essaye de conserver une photo mentale de ces beaux moments.

La mort en soi ne me fait pas peur, mais ce qui me fait peur, c’est d’abandonner ma fille, ce petit être que je chéris plus que tout au monde et à qui je donne le maximum afin qu’elle puisse être épanouie et « solaire ». Je ne peux pas concevoir qu’elle puisse vivre sans moi, car personne ne pourra lui offrir l’attention et le dévouement que je lui consacre. Je sais tellement ce que cela fait de se sentir seule et abandonnée comme je l’ai ressenti toute ma vie et je ne veux pas qu’elle connaisse un jour ce sentiment horrible.

Bien entendu, je ne sais pas encore vraiment ce que j’ai ni même de quoi demain sera fait. Je suis anxieuse et je réfléchis beaucoup pour l’instant avec la thérapie, la kinésiologie et tous ces rendez-vous médicaux. Certains penseront probablement que je réfléchis trop et que je ne devrais pas penser à tout cela, mais c’est impossible pour moi. J’écris donc ces mots pour essayer d’apaiser ces maux psychologiques et physiques qui sont mon présent actuellement.

Même dans ces moments difficiles, j’ai encore cette rage de vivre, de profiter de la vie, envers et contre tout. Je veux vivre une vie heureuse, longue si possible et épanouie auprès de ma fille. Je veux trouver ma voie/x et la suivre afin d’être apaisée et d’être enfin vraiment MOI.

Cet article n’a donc pas du tout pour but d’apitoyer les gens sur mon sort, ni même de dire que ma vie a été plus difficile que celles d’autres personnes, au contraire, je sais qu’il y a toujours pire. Je veux juste attirer l’attention (la mienne en premier ?) sur le fait que la vie est belle et qu’elle vaut la peine d’être vécue. Qu’il ne faut pas se contenter d’une petite vie simple et toute tracée parce que cela semble facile, si au fond de soi on sent qu’on n’est pas sur la bonne route. C’est plutôt un message d’espoir que je voudrais vous apporter : tout est possible. Ecoutez-vous, écoutez votre intuition car si vous ne le faites pas, un jour ou l’autre, votre corps vous rappellera à l’ordre.

Vivez chaque jour comme si c’était le dernier, car personne ne sait de quoi demain sera fait. Dans le tourbillon de nos vies, on a tous tendance à l’oublier.

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2 réflexions sur “Si l’on devait mourir demain

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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